tao blog: pour le feng shui et la philosophie taoïste

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Eaux vives et Eaux dormantes

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Voilà devant vous l’Ere glaciaire. Comme mes terres peuvent vous sembler inhospitalières ! Ce n’est jamais de gaité de cœur que l’on vient chez moi. Devant vos yeux s’étendent à perte de vue des sols gelés et comme morts. Les mots pour décrire mon royaume sont Ténèbres et Obscurité. Froid et humidité.

 

Vous êtes là car ma traversée est incontournable. Vous auriez aimé l’éviter, mais elle est un passage nécessaire. Ce paysage désolé vous glace. Mais plus que la tristesse, c’est la peur qui opprime vos cœurs.  Mon royaume est celui des angoisses et des phobies. Que se cache-t-il dans les recoins de l’obscurité ? Les ombres que vous percevez sont indéfinissables, et cela les rend plus menaçantes encore. Vous avancez chez moi en terrain inconnu et trouble et je n’ai nulle envie de vous le rendre rassurant. Vous êtes ici seul face à vous-même, pour y chercher au fond de vous ce que vous êtes, y compris et surtout vos parts d’ombre. Et pour cela, c’est à vous seuls de trouver votre petite lumière pour vous guider.

 


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Plus que la désolation de ces terres stériles, c’est l’incertitude de votre devenir qui vous angoisse
 : et si le soleil ne revenait jamais ? Quelque chose pourra-t-il vraiment renaitre de ces sols nus ? Les feuilles pourront-elles se redéployer un jour ? Ma traversée demande à la fois du courage et de la confiance. Ces qualités, vous ne les trouverez qu’au fond de vous.

 

 

L’heure n’est pas à l’action et peut-être est-ce aussi cela qui vous déroute le plus. Elle n’est pas aux échanges, et pourtant, il faut en faire, des efforts de communication et d’adaptation pour lire en moi et avancer sur mon chemin. Car je suis l’Eau, je suis insaisissable, et pire encore : imprévisible. En cela je suis potentiellement très dangereux ! Vous me voyez un jour, petit filet s’écouler paisiblement au fond de son lit ; et en revenant quelques jours plus tard, vous me retrouvez gros torrent rugissant et débordant, infranchissable. Un jour immobile, un jour cascade, un jour bleu profond, un jour clair comme l’air, et pourtant je suis toujours moi-même. Vous essayez de m’attraper dans le creux de votre main, et je vous échappe toujours et encore.

 

 Il faut développer patience et observation pour essayer de me deviner. Pour me comprendre et anticiper mes humeurs.  Regardez comme je m’immisce partout, contournant les obstacles, ou les enveloppant, selon ma force et selon mon environnement. Parfois, je préfère lentement décrire un long détour et faire de larges boucles sur mon chemin pour ne pas perturber mes terres ; parfois au contraire, débordant de vitalité, je fonce droit devant et gare à ceux qui se trouvent sur mon passage au mauvais moment ! Mais toujours, vous verrez avec quelle patience je finirai par faire de ces rochers que je caresse des galets ronds et lisses, que vous glisserez dans votre poche, inconscients de mon œuvre.

 

Vous avez compris que chez moi, l’heure est au recueillement et à la solitude. Il y a un certain bien-être à ce repos forcé : plus besoin de faire : ni d’apprentissage, ni de travail, ni de fêtes et réceptions. Juste se concentrer sur votre être. Et observer votre place dans votre entourage. Avec de la confiance, vous pourriez même savourer le silence de cette période : car il n’y a rien de lugubre dans cette étape de vie, si ce n’est le reflet de vos propres angoisses.

 

C’est l’hiver, le nord, minuit,  là où le soleil ne vient jamais taper directement. C’est la face cachée du Feu. J’ai en commun avec lui cette perte de repères et de discernement. Alors que lui éblouit par un excès de soleil et d’activités, moi, je vous embrouille, à coup d’ombres et de reflets, comme dans un jeu de miroirs : qu’est ce que vous regardez vraiment dans la glace, vous ou votre reflet ?

Je me cache dans votre dos, au plus profond de vos entrailles, dans vos reins et alors que le Feu éblouit vos yeux, mon silence assourdit vos oreilles.

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Dans l’obscurité et le non agir, c’est là qu’au contraire du Feu, vous verrez le plus loin. Dans ce temps plus que ralenti, endormi, presque mort, vous pourrez réfléchir, faire germer des projets, des idées. Les garder en mémoire, les faire mûrir lentement, pour des temps plus propices. Vous pourrez lever la tête, et au lieu du soleil, vous verrez des étoiles très lointaines, inaccessibles à toutes les autres périodes. Appréciez-moi, car c’est seulement auprès de moi que vous aurez accès à l’invisible.

 

 

 

Agnès WALTER



15/03/2014
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