tao blog: pour le feng shui et la philosophie taoïste

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La conception chinoise du temps

 

Conceptions orientales et occidentales du temps

 

Toutes les sociétés se sont construites autour d’un calendrier. Le temps rythme la vie, il donne des repères et des points de rencontres sociaux On retrouve des points communs dans chacune d’elles. Par exemple, les carnavals en février, les nouvelles années, les fêtes au solstice d’été…

 

Mais la façon dont chaque société conçoit le temps montre tout à la fois sa relativité (qu'est-ce qu'il est? Sa définition est elle-même une vérité relative) et à quel point la perception conditionne la réalité de que l'on construit. A l'échelle d'une civilisation, la façon de concevoir le temps engendre des façons de l'appréhender et de structurer sa vie autour de façons très différentes.

 

Le temps occidental, une vision linéaire

 

Dans la pensée occidentale, le temps est comme un long fil sur lequel chacun chemine, grandit, puis meurt. Il s’étend ainsi à l’infini. Ainsi, ce qui est passé est derrière soi, et jamais on ne repasse au même endroit. On ne peut qu’avancer; reculer, c’est revenir dans le passé. Il en découle une vision de croissance perpétuelle, car régresser, reculer, est fortement connoté de négatif. C’est refuser le temps qui passe, c’est vivre dans le passé. On ne peut non plus s’arrêter, car l’arrêt est assimilé à un refus de vivre, donc à la mort. Notre économie mondiale actuelle est le reflet de cette conception du temps: il est absolument inenvisageable de concevoir une période de décroissance, et vivre moins bien que ses parents est insupportable pour tous.

 

La vision occidentale est dans une approche YANG. Les valeurs YIN sont d'ailleurs peu valorisées, pour ne pas dire "combattues". En occident, il faut être dans le mouvement, dans l'action et aller vite; l'arrêt ou même le simple ralentissement est synonyme de maladie, c'est-à-dire d'un dysfonctionnement personnel. Au mieux, il est assimilé à une marginalisation, et connoté de qualificatifs dépréciatifs comme la paresse ou la passivité. Ralentir, c'est s'écouter. S'écouter est aussi chargé de valeurs peu encouragées et associées à l'égoïsme.

 

Le temps chinois, une vision cyclique

 

Dans la pensée orientale, en revanche, la vision du temps est cyclique : elle est nécessairement corrélée à l’espace et rythmée par les saisons; c’est ainsi qu’on repasse régulièrement au même endroit. C’est ce rythme-là qui conditionne toute vie. Le printemps, c'est comme un nouveau jour qui se lève, et il est situé à l'Est. L'automne, à son opposé et la fin de la journée, et décroit à l'Ouest.

 

Cela ne veut pas dire que l’on fasse exactement la même chose à chaque passage; le temps est comme un ressort : vu de dessus, c’est un cercle, mais vu de face, on voit bien que même si on repasse par le même chemin, ce n’est jamais exactement le même.

 

La sagesse de cette vision est d’accepter que toute vie est soumise à des cycles de croissance, d’expansion, de déclin et de stagnation. Il est donc tout à fait normal que toute vie soit elle-même soumise à un certain nombre de ces cycles. Indépendamment de la naissance et de la mort, qui appartiennent au grand cycle de chaque vie, il y a des phases de croissance, des phases où l'on rayonne et où l'on est actif et d'autre phases, où il faut ralentir, parfois même s'arrêter un temps, pour pouvoir reprendre son souffle, réfléchir et redémarrer un nouveau cycle "rechargé" par une immobilité temporaire.

 

Au contraire, si vous ignorez ces phases de ralentissement et que vous luttez pour rester dans l'action maximale tout le temps, c'est comme si vous vouliez remonter le temps: vous nagez totalement à contre-courant. Finalement, ne pas (s') écouter, c'est s'épuiser et aller dans le dysfonctionnement et la maladie.

 

L'attitude YIN est valorisée: accueillir ce qui se présente à soi, l'accepter. Et l'action, principe YANG, n'est efficace que lorsqu'elle intervient au bon moment et dans un temps court, la briéveté étant par essence YANG. Si l'on agit en permanence, on s'épuise et on meurt prématurément. L'action permanente par nature ne peut pas être, elle n'est pas preuve de dynamisme, mais simplement d'agitations, pour ne pas dire d'ignorance.

 

Qui s'agite n'entend pas.

 

Agnès WALTER



26/05/2011
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